Sous des sonorités trap teintées de mélancolie, Rolax livre avec « Eurostar » le portrait d’un quotidien où la confiance se négocie au compte-gouttes et où l’argent circule selon des règles qu’il préfère taire. Ce titre n’est pas qu’une chanson, c’est une traversée : celle d’un jeune homme qui observe son entourage avec une froideur nouvelle, née des trahisons accumulées. Le morceau distille une écriture acérée, presque clinique dans sa manière de décortiquer les faux-semblants qui entourent la réussite. C’est dans ce climat de suspicion permanente qu’émerge cette phrase, glaçante de sincérité : « Son visage on dirait une vipère ». Le clip, produit par la chaîne Outside Bro, dédiée aux nouveaux visages du rap francophone, installe Rolax dans un décor minimaliste, une cour d’immeuble en briques rouges où il livre son texte cagoulé, seul face au micro. Une esthétique dépouillée qui laisse toute la place aux mots, à retrouver sur Slash Music.
« Son visage on dirait une vipère » Rolax
Un artisan qui prend son temps
Ce qui frappe dans le parcours de Rolax, c’est cette patience presque rare chez les jeunes artistes pressés de tout obtenir en même temps. Chaque sortie semble répondre à une logique de construction, un empilement méthodique de morceaux qui dessinent peu à peu les contours d’un univers cohérent. JC PRODUCTION, le label qui l’épaule, mise justement sur cette approche : laisser le temps à l’identité artistique de se façonner avant toute exposition massive. Plusieurs projets sont annoncés pour les mois à venir, dans la continuité directe de ce que « Eurostar » a posé comme base. L’artiste ne cherche pas l’effet immédiat, il construit une trajectoire, brique après brique, avec la conscience que la durée finit toujours par payer. Une chose est sûre : Rolax ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, et il serait dommage de le perdre de vue maintenant.
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